Loin derrière TOYOTA, premier vendeur de véhicules légers au monde, le groupe PSA manque encore sérieusement d' envergure au plan international. Le groupe Volkswagen vend par exemple deux fois
plus de voitures que le groupe français. PSA doit donc grossir dans les prochaines années. Il n' a pas vraiment le choix. La nouvelle direction du groupe en a parfaitement conscience, du moins il
faut l' espérer. Elle sait bien que l' avenir du groupe se joue hors des frontières de l' héxagone. Tout doit donc être misé sur l' international. Les finances assainies du groupe le permettent,
tout comme ses marques qui parviennent désormais à s' imposer, en France tout du moins...
Mais tout n' est évidemment pas aussi simple. Les produits du groupe sont finalement assez peu connus en dehors de la France. La première phase de stratégie du groupe, qui s' annonce fort longue,
pour ne pas dire laborieuse, consiste à prendre une participation dans le capital d' un autre constructeur. PSA est donc en train de se rapprocher sérieusement de MITSUBICHI, à hauteur de 30 à 50
% parait-il. L' objectif est bien entendu de permettre à PSA d' entrer dans de nombreux autres pays, en bénéficiant au passage de diverses technologies d' avenir.
Il s' agit en effet de doper les ventes hors d' europe. une fois encore, PSA doit grossir. C' est plus qu' une necessité, c' est une obligation. L' objectif ? Rattraper les cinq premiers
constructeurs mondiaux que sont TOYOTA, GM, VOLKSWAGEN, FORD et HONDA, et ce d' ici à 2015. La véritable feuille de route consistant à se retrouver entre VOLKSWAGEN et FORD, respectivement trois
et quatrième constructeurs mondiaux. Rien que cela. Dans les désirs les plus profonds des dirigeants du groupe français, FORD serait relégué à la cinquième place derrière PSA donc. Il s'
agira donc de dépasser au passage, NISSAN et HONDA. Il va sans dire qu' il y a du pain sur la planche.
PSA doit donc faire son entrée sur les marchés asiatiques, sud-américain et russe, et ce en moins de 5 ans. Inutile de préciser que les autres constructeurs ne vont évidemment pas se laisser
faire .Les ambitions semblent donc, pour l' instant tout du moins, un rien disproportionnées. Mais il vaut peut être mieux cela que le contraire.
Evidemment, ces nouvelles ambitions vont nécessiter de prendre un nouveau virage...culturel. Durant les 20 dernières années, le spécialiste du " diesel ", un peu trop " spécialiste " d' ailleurs,
s' est en effet essentiellement développé sur le vieux continent, délaissant totalement le reste du monde. En 2009 par exemple, ce sont en effet encore deux tiers des voitures vendues par le
groupe qui se sont écoulés au sein de la vieille europe. Ce n' est plus possible aujourd' hui. La dépendance manifeste à l' égard du marché européen est désormais intenable, et plus viable pour
tout dire. Tous les acteurs du marché automobile le savent bien, il faut désormais GROSSIR et ce notamment pour amortir les coûts de plus en plus astronomiques de développement et de fabrication
des nouveaux modèles. PSA n' a donc plus le choix. Il lui faut impérativement aller chercher des volumes hors du vieux continent. Question de survie, tout " simplement ".
Les " PEUGEOT ", qui contôlent la société à hauteur de 30 % du capital, et de 45 % des droits de vote ont bien compris qu' il y avait danger. La famille PEUGEOT a donc fait le grand ménage en
virant Christian Streiff, qui selon certains membres de cette dernière, était " complètement à côté de la plaque ". Pour le remplacer, la famille a donc choisi Philippe Varin. Pur produit de l'
élite française en ayant notamment fait ses gammes chez Pechiney, le nouveau " manager " du groupe a déjà fait ses preuves en sauvant notamment le sidérurgiste anglais Corus. Conscient du
caractère mondial que devait désormais prendre le groupe français, il a instauré dès son arrivée au siège, l' anglais comme deuxième langue de travail. Au pays du bon vieux fromage qui " pu " c'
est tout de même une véritable petite révolution culturelle.
La famille est donc satisfaite de ses choix. Streiff avait en effet fini par " foutre " une véritable ambiance de " merde " au sein du groupe, notamment au niveau du top-management qui lui
reprochait de ne rien déléguer. Reste que d' un point de vue financier, tout n' est pas encore aussi rose qu' espéré. Le groupe a bien évidemment subi la crise et rien n' est donc encore gagné.
En 2008, le groupe aura en effet perdu pas moins de 343 millions d' euros, tandis qu' un gros trou de plus de 826 millions d' euros a fait son apparition pour le premier semestre 2009. Les aides
gouvertementales sont cependant passées par là, et ont donc permis de sauver les meubles. Le groupe dispose également d' une bonne réserve de liquidités de près de 6 milliards d' euros. Mais la
nouvelle direction ne compte pas se laisser aller, et compte bien encore faire des économies. De grosses économies. Il s' agit en effet de largement plus de 3 milliards sur trois ans.
Sur le plan purement commercial, le nouveau dirigeant a également décidé de bouger " le cul " à tout le monde. Il va s' agir de devenir très " agressif " commercialement parlant. La gamme
actuelle des marques PEUGEOT et CITROEN s' y prête à merveille actuellement. Autant donc en profiter. Tout le monde s' accorde à dire que les produits du groupe sont de plus en plus séduisants.
Oubliées les vieilles gimbardes CITROEN des dernières decennies. La marque se veut désormais SEXY et BRANCHEE à l' image de la nouvelle DS3 par exemple. L' image se rajeunie au sein des marques
du groupe, et il faut en profiter à outrance s' en s' endormir sur ses lauriers. Tout reste en effet très fragile sur le fond. Les consommateurs, mieux avertis, plus exigeants, deviennent de
moins en moins fidèles à une marque.
Alors la question est de savoir si le groupe a les moyens de ses ENORMES ambitions. L' avenir nous le dira. Mais disons que le groupe a quand même de ( très ) bonnes cartes en main. Il va
cependant falloir continuer l' effort dans un secteur où tout va très vite. Il va falloir apprendre à séduire des clientèles que le groupe ne connait absolument pas. Ce n' est pas le tout de
faire de la citadine branchée à la " DS3 ", il faut aussi penser à faire des produits adaptés aux pays émergents qui n' ont que faire de frimer dans les beaux quartiers. Acquérir des positions
fortes dans ce type de pays nécessite forcément d' avoir dans sa gamme des véhicules bon marché de taille moyenne, ce qui fait justement défaut au groupe...PSA.
Beaucoup de travail en perspective, dont semblent cependant avoir conscience la nouvelle direction du groupe, ainsi que la famille PEUGEOT. PSA a en effet presque trop bien réussi à redorer son
image. Les produits sont même devenus un rien trop " haut de gamme " ( Toutes proportions gardées évidemment ). Or c' est bien le problème pour qui veut vendre hors de l' europe.

Ci-dessus, le nouveau coupé RCZ de la marque PEUGEOT. Certes plaisant, mais pas adapté aux marchés émergents...
Et le cours de Bourse, dans tout cela ? Ben, ma brave dame, pour être honnête, ce n' est pas vraiment la joie. Le graphique ci-dessous parle de lui même. On est loin ( très loin ) des plus
hauts historiques. La " dérouillée " reste quand même assez spectaculaire et il va en falloir du temps avant de remonter cette pente si rapidement dévalée. Le parcours du moment reste très
cahotique. Les rebonds techniques restent nombreux, et la valeur ne parvient pas vraiment à s' inscrire dans une logique haussière à long terme. Bref, c' est loin d' être gagné. Pour ceux qui
veulent entrer, il va falloir être patient. Très patient même. Tout va se jouer sur l' ouverture sur le monde. Le marché européen a en effet de grandes chances d' être saturé, notamment " à cause
" des aides gouvernementales. Tous les clients qui ont acheté des voitures en 2009 ne sont en effet pas près de repousser la porte d' une concession avant un bon bout de temps...

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Publié dans : VALEURS DIVERSES
Mardi 2 mars 2010
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