La Bourse anticipe toujours. Parfois longtemps à l' avance. Les marchés ont en effet commençé à donner des signes de faiblesse bien avant que la véritable crise économique ne soit
palpable par le commun des mortels. Les cours commencent à baisser et les mauvaises nouvelles arrivent par la suite comme chacun a pû s' en apercevoir au cours des derniers mois. Dans l' autre
sens, c' est également la même chose. La Bourse anticipe tout autant. Les cours commencent à monter et les bonnes nouvelles surviennent par la suite. Actuellement, et vous avez dû le remarquer, à
moins d' habiter sur la planète MARS, il ne se passe pas un jour, ni même une heure, sans qu' on entende le mot " CRISE " avec un grand " C ". ici et là. Quand ce ne sont pas les
médias, toujours très excités par les crises, mais ayant également toujours trois temps de retard, c' est le boulanger ou le coiffeur du coin qui y vont de leur couplet respectif et
similaire. C' est la CRISE on vout dit ! Même votre concierge portugaise, au demeurant très sympathique mais beaucoup moins serviable depuis les dernières etrennes réduites à peau de chagrin, crise
oblige, est devenue une " spécialiste " du CAC 40 en vous disant chaque matin : " c' est la CRISE". Le prix des olives a parait-il flamber aussi. Votre boucher connait même le cours du CAC mieux
que celui du boeuf charolais. Il faut dire qu' en matière de " boucherie ", l' évolution des Bourses mondiales ces derniers temps avait de quoi intéresser les artisans du secteur.
Le vieil adage new-yorkais dit que quand le cireur de pompes au coin de la rue vous parle de la Bourse,il est temps de vendre. Dans le même registre, mais dans l' autre sens, on pourrait donc
dire que lorsque votre coiffeur vous parle de la déroute des places financières, il est temps d' acheter.
La question brûle les lèvres d' un grand nombre d' entre nous, à savoir les initiés : le marché a t-il signé un point bas le 9 mars dernier, et en d' autres termes, etait-ce donc le moment d'
acheter ? Très honnêtement, la réponse est difficile à apporter, et tous les spécialistes des marchés ne sont pas d' accord entre eux. Certains pensent en effet-raisonnablement-que le point bas a
effectivement été atteint le 9 mars dernier en évoquant notamment le fait que nous étions au niveau d' un support particulièrement pertinent, à savoir celui de mars 2003. Pour d' autres, il s' agit
d 'un gros rebond technique, dû justement à la pertinence du support évoqué, avant une nouvelle rechute encore plus significative que les précédentes. Pour tout dire, les deux hypothèses restent
parfaitement défendables, et en l' état actuel des choses il est bien difficile de savoir si ce sont les optimistes ou les pessimistes qui ont raison.
Mais comme évoqué plus haut, la Bourse anticipe toujours. L' investisseur doit donc nécessairement se projeter dans l' avenir et faire donc abstraction de l' opinion de son coiffeur, forcément
influençé à l' insu de son plein gré, par les médias, et qui crie même aux sourds que c' est la CRISE ! Oui on le sait. Mais la question reste la même : et après ? Il y aura en effet bien une
sortie de crise, tôt ou tard. La crise financière prendra évidemment fin bien avant la véritable crise économique désormais palpable au quotidien, notamment par votre " fameux " coiffeur qui reste,
malgré son bon sens, toujours en décalage.
En fait, la réponse se trouve peut-être à l' endroit du prochain G20 qui se réunit le 2 avril prochain. Le marché peut-il en effet apprécier les différentes propositions des politiques, en
retrouvant donc une certaine " confiance " lui permettant ainsi de reprendre durablement du poil de la bête. Les " fuites " en la matière restent minimes même si la volonté commune des différentes
autorités politiques de la France et des USA de tenter notamment de bannir les paradis fiscaux montre bien que ces dernières croient dur comme fer à la validité de leur plan de relance
respectif. Il ne s' agit en effet pas que le " cash " disponible aux USA, en Allemagne ou en France aille de nouveau, et comme toujours, rejoindre les coffres suisses ou d' autres places offshores.
Tout l' argent qui " traîne " doit en effet être disponible pour les entreprises locales et à ce niveau là il faut reconnaitre que les politiques l' ont bien compris. Le " fameux "
bouclier fiscal, qui fait de nouveau polémique, doit en effet être-nécessairement-maintenu. Il ne s' agirait en effet pas que tout cet argent parte une fois encore à l' endroit des paradis fiscaux.
Obama et Sarkozy notamment " flippent un max ".. Et en fait, dans l' absolu, la crise actuelle est une " chance " pour les politiques des grosses puissances du G20. C' est en effet une occasion en
or, c' est le cas de le dire, de faire table rase du passé en pouvant faire bénéficier du " cash " disponible aux différentes économies locales des USA et de l' Europe notamment. Il ne faut en
effet pas oublier, que malgré la crise, il y a en effet un maximum de " cash " qui " traîne " ici et là sur la planète. Pour faire repartir la machine, ce " cash " est absolument indispensable, et
les politiques tels Obama ou Sarkozy sont bien décidés à en tirer profit. Reste à savoir s' ils seront entendus par ceux qui ont du " cash " et qui aux dernières nouvelles, cherchent toujours à
fuir la pression fiscale de leurs pays d' origine respectif même si c' est aujourd' hui devenu plus délicat. L' histoire reste cependant toujours la même, et l' homme finit toujours par s' adapter
en parvenant à éviter les nouveaux obstacles qui se trouvent sur son chemin. Le jeu du chat, ou plutôt du gros " matou " et de la souris en matière d' évasion fiscale est loin d' être finie, et
pour tout dire il ne fait même que (re)commençé. Les " évadés fiscaux " ne vont soudainement pas rentrés au pays parceque " papa " leur fait les gros yeux. Bien aidés par les spécialistes en la
matière, ils cherchent déjà des solutions pour placer leur argent ailleurs qu' en Suisse par exemple. S' il faut aller le placer sur la planète MARS, ils le feront. Il faut quand même
être sacrément naif pour croire que les nantis vont sagement rapatrier leurs actifs dans leur pays d' origine. Mais bon, d' un point de vue " démago ", s' attaquer aux " riches " reste
toujours un argument de poids pour des personnages comme Sarkozy par exemple. Le " bon peuple " qui rame apprécie toujours qu' on " emmerde " un peu les " méchants " riches forcément responsables
de tous les maux de la planète. Quand on a aucune solution, il faut de toutes façons bien désigner des coupables. En la matière c' était plutôt facile, les financiers n' ayant jamais eu
bonne presse, même avant la crise. Mais bon c' est pas bien grave. Tout le monde sait en effet que l' hyperactif de l' Elysée parle beaucoup, mais sans en avoir vraiment dans le slip. Ce n' est pas
lui qui changera le monde. Il a tourné sans lui.
Bon, reste que votre coiffeur, plein de bon sens comme vous le savez, reste toujours dans l' optique de la crise au quotidien, et qu' il ne montre toujours pas le moindre signe d' optimisme. A l'
écouter on est manifestement en " plein dedans " et même si c' est vrai d' un point de vue économique, ce n' est pas très intéressant pour l' investisseur que vous êtes, et qui doit donc
ANTICIPER. Le jour où il vous dira que la machine repart, il sera en effet déjà bien trop tard.
Bref, quand votre coiffeur vous parle de la déroute des marchés financiers, il est peut être temps d' acheter...en gardant cependant encore une bonne part de liquidités au cas où il y aurait encore
du grabuge dans les semaines ou mois à venir...
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